Conservatoire de la Mécanisation Industrielle et Rurale
Association régie par la loi de 1901- 9, rue de la Mairie 27190 Le Fidelaire Normandie France
2 sites en Normandie : Chandai 61300 (Orne), Le Fidelaire 27190 (Eure)
Chaque année,
pendant la période de décrue du fleuve Sénégal,
soit sept mois durant, l'île sur laquelle est bâtie la ville de
Saint-Louis est entourée d'eau salée. Au milieu du XIXème
siècle, l'eau douce destinée aux habitants était obtenue,
pendant la saison sèche, grâce à un bateau-citerne la
prélevant asssez loin en amont du fleuve.
En 1859, Faidherbe( gouverneur général) fut le premier à
entreprendre la réalisation d'un projet destiné à transformer
le marigot de Kassak, au nord-est de Saint louis, en un réservoir naturel
d'eau douce. Après divers aléas, ce projet fut finalement mené
à bien par le gouverneur Brière de l'Isle. Une usine fut construite
à Makhana, sur le bord du Kassak. Elle contenait deux machines à
vapeur avec leurs chaudières (1) et leurs pompes. L'eau du marigot
était refoulée sur la ville au moyen d'une conduite longue de
17 km, traversant le fleuve au moyen d'un siphon. Les machines furent construites
en 1882 et l'usine entra en activité en 1885. J. Leblanc, constructeur
à Paris, avait obtenu l'adjudication.
Par la suite, une seconde usine fut construite en 1901, à côté
de la précédente.( Machine différente, à soupapes
du style "Dujardin", 2 chaudières !) L'adduction d'eau était
devenue une suite complexe d'opérations destinées à éviter
l'inconvénient du système : l'apparition en fin de saison sèche,
d'une salure et d'un croupissement de l'eau délivrée.
A la veille de la seconde Guerre Mondiale, le système d'adduction de
la ville fut totalement modifié par l'adoption du projet de Dakar-Bango
élaboré dès 1917 par l'ingénieur Aldebert. Il
était destiné à améliorer la qualité de
l'eau par la création d'une nouvelle réserve, située
au sud-ouest de celle de Kassak.
La "vieille usine" de Makhana fonctionna pendant 67 ans, à raison de
huit mois, nuits et jours, chaque année. Elle ne subit aucune avarie
et fut définitivement arrêtée en février 1952.
L'installation de Makhana contient les plus anciennes machines à vapeur
d'Afrique Noire. Le bâtiment de l'usine est intact ( sauf une toiture
!) et la cheminée, haute de 18 m, est toujours debout. Le site est
très agréable, boisé, au bord d'un marigot. Il est d'accès
très aisé, à partir de la route nationale 2 : Saint-Louis-
Podor, et proche (18 km) de la ville (prix de la course AR : environ 4.000
CFA en 2006). Un début de réhabilitation est envisagé
par un citoyen Belge qui devrait fournir portes et fenêtres pour les
2 usines